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STUDIO D'ENREGISTREMENT MOBILE
Prises de son en concert et sur sites

JAMES SPAULDING, "Down With It"



JAMES SPAULDING & Pierre Christophe trio

Down With It

James Spauding : alto saxophone & flute / saxophone alto & flûte
Pierre Christophe : piano
Raphaël Dever : bass / contrebasse
Mourad Benhammou : drums / batterie

Recorded live on July 22nd, 2006 at the Sunside in Paris
Recording, mixing, editing & mastering : Alain Gandolfi

Produit par Gérard Terronès - MARGE 37
JAMES SPAULDING
À bientôt soixante-dix ans et toujours en grande forme, James Spaulding arrive sur la scène du Sunside.
James Spaulding est l'altiste injustement oublié des sixties. Ce " musicien des musiciens " débute dans les années 1950 avec Walter Perkins et Booker Little à Chicago, et enregistre près de dix œuvres de Sun Ra, dont l'indispensable Jazz in Silhouette. Par la suite, il rejoindra le quintet de Max Roach, puis celui de Freddie Hubbard, où il restera une dizaine d'années.
Parallèlement, il fait partie de l'écurie Blue Note en tant que sideman des plus grands (Wayne Shorter, Lee Morgan, Grant Green, Horace Silver…). En 1987, David Murray fait appel à lui pour ses projets les plus fous (octet, big band, World Saxophone Quartet).
Les amateurs de jazz ne s'y trompent pas : Spaulding joue tout et avec tout le monde. Son sax subtilement rocailleux détonne par ses élans à la fois modernes et originaux, pétillants et créateurs.
Lors de ses deux concerts parisiens - dont le second a été enregistré par les Disques Futura et Marge -, le saxophoniste a montré combien sa musique se dépeint dans l'éclectisme singulier de sa carrière musicale.
On savoure le son naturel et velouté de sa flûte traversière, et ses chorus de sax, véloces et sans fioritures, s'associent parfaitement à un trio de musiciens qui jouent ensemble depuis cinq ans.
Spaulding conjugue son talent avec ceux d'un Mourad Benhammou débordant d'inspiration et d'un Raphaël Dever à l'attaque franche. Pierre Christophe le fougueux et James Spaulding le fonceur donnent à cette formation une coloration hardie.
Dans une ambiance de feu, Down With It fut un concert d'une remarquable musicalité, mêlant classe, audace et harmonie.

Jérôme GRANSAC
JAZZMAN - janvier 2007 - Choc du mois.
Bien plus qu'un bon concert, la mémoire vive et le jazz dans toute sa générosité. Et Spaulding immortalisé comme il le méritait.
Vincent Bessières

Par Philippe Carles > Rares sont nos "émois" phonographiques qui reproduisent des temps forts que nous avons vécus sur le vif et non par procuration, puisque le plus souvent l'histoire ne nous est accessible qu'à travers récits, documents et échos forcément différés tandis que l'actualité dont nous sommes contemporains n'a presque jamais droit au "label" historique. Or c'est bien le dilemme que résout un tel disque : huit moments incontestablement d'histoire à quoi nous avons participé (vous auriez pu y être aussi c'était ce 22 juillet au parisien Sunside) et d'une vivacité irrésistible.
"... C'est assurément l'un de ses meilleurs enregistrements dans un cadre stylistique dont la richesse lui convient particulièrement..."
Jean Szlamowicz, Jazz Hot, n° 636, février 2007, p. 45.
"... Mention doit être faite en outre de l'excellence de la section rythmique qui l'entoure : Mourad Benhammou est pour beaucoup dans le confort musical du groupe et dans l'enthousiasme que manifeste le public. Et que partagera tout auditeur de ce disque réjouissant de pur be-bop".
Jean-Pierre Jackson, Classica Répertoire, n° 90, mars 2007, p. 102.
"Voilà ce qu’il se passe rue des Lombards, dans un des quatre clubs de cette nouvelle 52nd Street parisienne où le jazz vivant flambe soir après soir. Les amateurs les fréquentent aujourd’hui comme ils ont fréquenté hier les boîtes historiques. Dans le public, normalement, un homme à chapeau plat écoute intensément. Il s’appelle Gérard Terronès, on lui doit certains des plus beaux souvenirs de nuit, au Totem, à Jazz Unité (à la Défense), des concerts (Archie Shepp, entre autres), des disques décisifs sur son propre label. Et des redécouvertes comme celle-ci : James Spaulding (né en 1937), un sax alto et flûtiste qui fit partie de ces sidemen de catégorie A sur les disques Blue Note de grands comme Freddie Hubbard, Wayne Shorter ou Bobby Hutcherson.
James Spaulding appartint aussi à la phalange sidérale du Sun Ra Arkestra, a joué avec la moitié du dictionnaire du hard-bop et, de sa base de Brooklyn, continue à rayonner avec ce son paradoxal, plein et coupant à la fois, parfois élégamment râpeux, à chauffer dur, à ne jamais perdre de vue le développement mélodique. Il sait bien choisir son répertoire parmi les classiques du jazz moderne (le ravissant Little Niles, de Randy Weston) et, à la flûte, expose son cœur (Recordame, de Joe Henderson, « brésiliante » merveille). Ce soir-là au Sunside était un peu plus chaud que les autres. La très honnête rythmique du pianiste Pierre Christophe, stimulée par l’altiste et par la présence des magnétophones de Terronès, s’est élevée au-dessus d’elle-même. Le public, on l’entend, a senti passer l’aile de l’ange."
Michel Contat - Télérama, n° 2981, 3-9 mars
Voilà un enregistrement bienvenu un an avant le soixante-dixième anniversaire de ce musicien injustement oublié dans l’histoire des saxophonistes - flûtistes… et pourtant quel passé éloquent, comparable à celui d’illustres confrères tels que Ornette Coleman, Eric Dolphy ou Jackie McLean. Il fut membre de l’orchestre de Sun Ra de 1957 à 1960, puis des Jazz Messengers, sideman de vedettes du catalogue Blue Note dans les années 60, Wayne Shorter (les disques The Sootsayer, The All Seeing Eye, Schizophrenia), Horace Silver, Lee Morgan, Pharoah Sanders (Karma)… les albums sous sa signature sont rares (labels Muse et High Note)…
Beau témoignage d’éternelle jeunesse d’un musicien marqué par le be-bop duquel il s’échappe par quelques envolées libertaires, sonorité incisive mais néanmoins chaleureuse, un phrasé sinueux sans volubilité excessive (ses compositions Oracle 2 et Hurry Home).
J.S. nous rappelle ses qualités de flûtiste dans une émouvante interprétation de In A Sentimental Mood du grand seigneur Ellington. Il a trouvé des partenaires à sa hauteur avec le trio de Pierre Christophe, pianiste enjoué dans un style proche (référence) de Jaki Byard (son solo dans le Recordame de Joe Henderson) ; la pertinence du drumming de Mourad Benhammou, de ses ponctuations - interventions (son solo dans Hurry Home) ; la sûreté du tempo de Raphaël Dever et son drive stimulant. Un disque qui un hommage justifié à un musicien remis enfin à sa vraie place, grande.